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"Je
cherche à inquiéter le regard, à faire douter, à
faire des images devant lesquelles on ne s'installe pas, parce que quelque
chose cloche".
Depuis 1993, Natacha Lesueur emploie le corps comme une surface d'inscription,
un support plus ou moins régulier pour les préparations
culinaires ou les empreintes qu'elle y dépose. Objet de convoitise,
ce corps a été soumis à divers traitements qui relèvent
à la fois de la contrainte, de la mise en scène, du masque
(entre parure et camouflage). La photographie vient fixer le tout, opère
une prise de distance, dépose un vernis.
Ce récent portrait de pied à la taille d'un visage, où
la salade devient chevelure, figure la polarité du haut et du bas,
du noble et de l'ignoble. L'organe isolé semble éclore de
l'aliment. Incarnation à revers de l'image familière des
pieds dans l'herbe.
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