| |
L’œuvre de Pascal Broccolichi interroge certains des pouvoirs propres à l’espace acoustique. Le son depuis plus de dix ans est son environnement principal, mais non exclusif. Il enregistre des ondes électromagnétiques, collecte des résonances sismiques, autant de matériaux qui élaborent la mémoire d’une situation, d’un lieu. C’est toujours la même méthode : des antennes réceptrices, un micro parabolique, un appareil photo avec lesquels il enregistre et photographie chaque zone à des intervalles de temps réguliers et déterminés en fonction de la superficie du territoire exploré.
Depuis 2004, il construit aussi un inventaire sans limite d’antennes émettrices ou réceptrices, de dispositifs à générer des sons, de sites d’observation. Ils évoquent un univers crépusculaire dans lequel aucun lieu n’est repérable, ni aucune zone reconnaissable. Ce n’est pas pour autant un monde absent, puisqu’en partant des principes de la 3D axonométrique, il imagine (toujours à l’échelle : 1) des structures qui demeurent dans un rapport de réalité relative. Les outils de modélisation tridimensionnelle lui permettent aussi, dans certains contextes, de tracer l’origine de futurs projets d’installations sonores.
Même si des correspondances analogiques se forment entre ses œuvres sonores et visuelles, il n'en demeure pas moins qu'elles sont totalement libres et le débat qu’elles provoquent est particulièrement fécond. Comme le souligne Alexandre Castant : “Les œuvres de Pascal Broccolichi le traitent, ce monde encyclopédique et virtuel, insaisissable et poétique, visionnaire et déjà révolu, celui de l’écoute incandescente et de l’invention des formes qu’elle produit : l’imaginaire des sons discrets qui, dans les silences, font nos mondes.”
(Alexandre Castant in Surfaces de propagation, Editions Monographik, Paris, octobre 2007).
Son travail prend donc l’allure de ces récits de retour et des environnements innombrables qui construisent des mondes possibles. Il repose sur deux univers de réalité à la fois, dont les pôles du premier sont fixes et tangibles, ceux du deuxième sont mobiles et intimes.
Pascal Broccolichi (1967, Antibes), vit à Cagnes-sur-Mer et enseigne à la Villa Arson, Nice.
|